L’écho de la Carrière

Les pratiques libres sportives à Nantes : une nouvelle politique publique !

Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

Bonjour, Morvan, chargé des missions pratiques libres sportives à la direction des sports de la ville de Nantes. Je coordonne la nouvelle politique publique sur les pratiques libres sportives.

Pouvez-vous nous expliquer en quoi consiste cette nouvelle politique publique ?

La phase de conception de cette politique publique a débuté dès 2016 et sa conception s’est terminée fin 2017. Depuis un an, on est rentré dans la phase de mise en oeuvre, opérationnelle, avec tous les acteurs et collectifs de pratiquants.

Pendant 18 mois il y a eu beaucoup de rencontres, comptages, observations avec l’ensemble des pratiques et des pratiquants ainsi que les citoyens qui ont fait émerger toute une quantité de souhaits dans le cadre d’un avis citoyen. Cet avis a été étudié par la ville qui a rendu une réponse en septembre 2017. C’est à partir de septembre 2017 qu’on est réellement parti sur la phase de mise en oeuvre de cette politique qui est assez originale dans le sens où Nantes est la seule ville qui prenne en compte les pratiques libres sportives dans leur globalité.

Quels sports correspondent aux pratiques libres sportives ?

Il y a une multitude de sports ! Tous les sports de nature, tous les sports de glisses urbaines (skate, bmx, roller…) et sports urbains (très vaste : du running, fitness dans la rue, le street work out, slackline). Cela fait une trentaine de sport environ mais il s’en invente tous les jours.

Quelles ont été les motivations de la ville à mettre en place cette nouvelle politique publique ?

Ce sont des pratiques qui se développent de manière importante depuis quelques années et il y a une vraie demande sociale des gens pour pratiquer librement sur l’espace public (places, jardins, parcs, rues…). On se rend compte que les citoyens pratiquants ces sports depuis très longtemps utilisent la ville comme terrain de jeux. Pour un skater, la moindre courbe, le moindre trottoir donne envie… On voit bien que toutes ces pratiques rentrent dans l’espace public. L’idée est de développer et favoriser ces pratiques tout en prenant en compte les autres usages et enjeux de la ville.

Ce qui est nouveau dans cette politique publique c’est le fait qu’on prenne en compte ces pratiques en globalité, on décloisonne les pratiques et les pratiquants. Plus les gens parlent entre eux, plus ils seront facilement responsables de leur terrain de jeu. La première motivation est venue d’un constat : ces pratiques explosent. Elles sont des moteurs de bien être ainsi que de rencontre et de convivialité.

Où les nantais peuvent pratiquer ces sports libres ?

Tous ces sports ont des terrains de jeux, similaires ou non. On peut imaginer qu’une personne qui fait du skate puisse en faire partout. Par nature, ces pratiques sportives n’ont pas d’arène sportive. On n’a pas besoin d’un stade, d’un gymnase… On a juste besoin de pratiquer dans tous les espaces que la ville nous donne. C’est cela la richesse de ces pratiques et de ces terrains de jeux. On a des collectifs qui passent leur temps à explorer, découvrir, participer au dynamisme de la ville…

Comment faire si l’on souhaite débuter l’un de ces sports ?

Pour découvrir les sports, il faut se rapprocher des collectifs nantais qui les proposent. Ces collectifs vous accueilleront avec plaisir pour vous donner les premiers conseils. A la fois sur les postures, les aspects techniques mais aussi « comportementaux ». C’est important pour partager l’espace avec les autres usagers de la ville. Le plus simple est de les contacter sur Facebook.

Quel est l’enjeu à terme ?

D’abord il faut faire grandir cette politique publique en lui donnant des bons produits bio et locaux !
L’enjeu c’est surtout de « faire », de « sortir » des projets de terre mais en collaboration avec les pratiquants, prendre le temps de co-construire les projets ET leur gestion ultérieure… Ce sont des processus très itératifs donc même si les projets mettent souvent du temps à se mettre en place, c’est une méthode essentielle sur ce champs des pratiques sportives libres.
Nous allons développer des nouveaux espaces, itinéraire ou sites de pratiques sur toute la ville, faire des expérimentations, labelliser des spots « Nantes terrain de jeux » qui auront vocation au plus grand nombre etc…

Mais surtout je crois que l’enjeu c’est de donner à ce mouvement sportif une reconnaissance qu’il cherche depuis longtemps. C’est imaginer un développement qui respecte à la fois ses identités spécifiques qui en fond toute sa richesse et en même temps qui prenne en compte les régulations nécessaires pour une ville comme la notre.